Étude de la rime chez Rimbaud (3) – Les poèmes de 1871
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Pour les poèmes de 1871, Rimbaud revient très largement au travail de la rime. En termes de richesse, il atteint des sommets. La pondération moyenne est de 2,57. C’est nettement supérieur au corpus que l’on peut étudier chez Baudelaire ou Hugo. Rimbaud se rapproche de plus en plus de l’art pratiqué par Banville.
En soi, ce n’est ni un progrès, ni une régression. Cela correspond en fait à deux choses. D’une part, à l’ accentuation de son inspiration satirique, comme dans Chant de guerre parisien par exemple. D’autre part, à l’essor, chez lui, de la parodie, comme dans Ce qu’on dit au poète.
C’est aussi le moment au Rimbaud s’annonce. Dans différentes textes-manifestes : Voyelles ou le Bateau ivre. Il prend des postures de liquidateur du Parnasse, nous rappelle Murat. Il commence à fréquenter les cercles de Paris et Verlaine. Il brouille les règles de l’alexandrin et du sonnet. Dans une partie des textes de 1871 : les préoccupations méta-poétiqes deviennent dominantes.
D’autres textes de cette époque, par contre, conservent une densité phonique proche de celle des poèmes de 1870. Il s’agit d’une production qui reste largement ardennaise. : Les Sœurs de charité, Les Chercheuses de poux, Les Premières Communions, Les Poètes de sept ans. Ou, à mi-chemin : Les Assis, Accroupissements.
Globalement, phonie et graphie cohabitent pour le meilleur. Surtout dans Voyelles : toutes les rimes sont au pluriel, et sont dites « luxueuses ». Pour Murat, c’est le « vrai manifeste rimbaldien de la rime riche ».




