Make Gloves, Not War
in Esthétisme
Cocasse et chic, The Chap est un magazine britannique qui milite pour un retour au mode de vie dandy. Il est publié six fois par an et animé par des personnages haut en couleur comme Stéphane Fry ou David Saxby qui n’ont rien à envier à un Montesquiou ou un Terry-Thomas.

Gentlemanliness
Gustav Temple, fondateur et éditeur principal du magazine, est aussi l’initiateur du mouvement qui lui est associé et qui, ces dernières années, est devenu tout à fait culte Outre-Manche. C’est en rencontrant Vic Darkwood dans un pub en 1998 que The Chap a vu le jour. Après avoir échangé quelques bons mots et s’être complimentés mutuellement sur leur toilette, les deux hommes ont imaginé de créer un buzz à l’ancienne.

The Chap est un mouvement révolutionnaire de type décadent qui a compté parmi ses membres les plus prestigieux les Monty Python en personne. L’inventivité linguistique et vestimentaire de ces doux dingues un brin nostalgiques de l’Angleterre d’Oscar Wilde a contribué à faire de ce groupement d’intellectuels une des expressions les plus incontournables de l’avant-garde basée sur une remise en question globale des moeurs et des principes, ou plutôt l’absence de principes, de la société de consommation.
Make Gloves, Not War
Ils se définissent eux-même comme des dandys démocratiques dont le seul mot d’ordre est de faire preuve d’élégance. Anarchistes et Dada, ils n’hésitent pas à provoquer dans le réac: ils se réunissent régulièrement pour faire la nique aux installations d’art contemporain qu’ils jugent de mauvais goût ou organisent des happenings médiatiques délirants.

Ainsi, The Chap Uprising est devenue l’une des plus étranges marches de protestation qu’ait connu à ce jour la capitale anglaise. Elle est pour eux l’occasion de laisser s’exprimer tout leur mépris envers la vulgarité urbaine, l’hypocrisie de la vie moderne et la banalité de leurs contemporains. Le principe est simple mais efficace: des centaines de Chaps habillés en tweeds et trouser press effectuent une descente — oserons-nous dire en bonne et dûe forme — dans un de ces fast-foods typiques des rues commerçantes à Londres et commandent un pousse café à base de jaune d’œuf et de chartreuse. Effet british garanti…




